A ce jour, plus de 128'000 signatures sont parvenues au secrétariat des initiants, le syndicat paysan Uniterre. Le comité d’initiative et les 70 organisations qui soutiennent le texte vont pouvoir annoncer la fin de la récolte de signatures dans quelques jours, après plusieurs mois de campagne intensive.
 
L’alliance pour la souveraineté alimentaire en Suisse, en lien sur le plan international au mouvement paysan La Via Campesina, se trouve aujourd’hui dans la situation inédite de pouvoir lancer un débat populaire sur un changement fondamental d’orientation de la politique agricole et alimentaire de notre pays. Les thèmes autour de l’agriculture durable, rémunératrice, respectueuse du climat et libre d’OGM pourront enfin être abordés avec sérieux. La mobilisation énorme de consomm’Acteurs-trices a permis de faire la différence. En effet, un des plus gros succès de cette campagne de récolte de signatures a été la participation active de la population et la mise en lumière des différentes facettes de la politique agricole et de l’agriculture et de leurs interconnexions. Si nous ne modifions pas la politique agricole actuelle, les conséquences négatives provenant de la qualité de la nourriture, des changements climatiques ou du libre-échange ne feront que de s’aggraver. C’est pourquoi l’initiative soumet des propositions concrètes visant à développer une politique agricole porteuse d’avenir.
 
« L’initiative propose de proscrire l‘utilisation d’OGM dans l‘agriculture. Cette proposition a rencontré un écho très favorable dans la population et confirme le fait que la majorité de la population suisse est opposée à la culture d’OGM et à toute forme de brevetage du vivant » confirme Luigi D’Andrea, secrétaire exécutif de l'alliance suisse pour une agriculture sans génie génétique – Stopogm Infos.
 
« En demandant à la Confédération de mettre en place des conditions cadres garantissant un marché plus transparent, l’initiative pave la voie vers une agriculture socialement et économiquement plus juste tant pour les paysan-ne-s que pour les travailleurs agricoles » affirment en cœur Ulrike Minkner vice-Présidente d’ Uniterre-pour une agriculture durable et Philippe Sauvin de L’autre syndicat.
 
« Je veux manger bien et sainement. Si possible sans trace d’antibiotiques, de glyphosate ou autres poisons. C’est pour cela que nous avons besoin d’une agriculture locale forte qui respecte des standards que nous avons nous-mêmes déterminés. C’est ce que réclame cette initiative ! » rappelle Christine Hürlimann, consommatrice et rédactrice de agrar-info.ch.
 
« Cette initiative à l’avantage d’offrir un avenir à la paysannerie suisse, tout en se gardant de le faire au détriment des paysannes et paysans d’autres régions du monde. Elle demande une juste régulation aux frontières tout en exigeant un commerce international plus solidaire ; elle ne renie rien du mouvement pour la souveraineté alimentaire développé par La Via Campesina » salue Fernand Cuche.
 
« Chaque année des paysan-ne-s des pays du Sud sont obligés de fuir leurs pays d'origine et d’abandonner leur terres pour laisser la place à une agriculture industrielle avec des monocultures qui détruisent l'environnement et la santé des hommes et femmes qui y vivent. En tant qu'organisation qui défend les droits des migrant-e-s ici en Suisse, nous nous identifions pleinement avec les buts de cette initiative qui tente d'empêcher ce type d'agriculture meurtrière" précise encore Claude Braun de Solidarité sans frontières.
 
Le dépôt de l’initiative aura lieu le 30 mars 2016 à 13h30 à la Chancellerie fédérale.